Retraites, intelligence artificielle et distribution de richesses : entre vision technologique et réalités économiques
Le thème de la retraite mobilise tous les esprits, et pas seulement en France. Les plus jeunes et moins jeunes générations s’inquiètent et s’interrogent sur l’opportunité ou pas de basculer dans un régime par capitalisation. La raison en est la suivante : le régime par répartition repose sur des paramètres tels que la croissance, la productivité, l’emploi et le ratio de dépendance. Et ces indicateurs sont loin d’être au beau fixe, du moins en Europe. L’on pourrait ainsi tomber dans une sorte de désespérance … Mais Elon Musk nous recommande de ne pas nous inquiéter. Les innovations technologiques vont nous enrichir. Faut-il le croire ?
I – Prenons les choses dans l’ordre, en commençant par la situation actuelle en France et dans l’UE
Redisons-le : quel que soit le régime, répartition ou capitalisation, la retraite, c’est de la croissance. Bien évidemment, c’est un axiome simplificateur, mais sans croissance, il n’y pas de possibilité de répartir de la richesse entre les actifs et les inactifs. C’est pourquoi l’on devrait davantage se préoccuper des conditions de la relance de notre économie et moins tomber dans le « concours Lépine » de la fiscalité confiscatoire.
Baisse constante de la croissance
La croissance dans notre pays, mais aussi dans l’UE, est relativement faible et sur la décennie, elle périclite. Pour fixer les idées, retenons qu’en 20 ans, la part de l’Union dans le PIB mondial a presque été divisée par deux !
La désindustrialisation s’accentue, notamment en Allemagne. Le coût de l’énergie en est en partie responsable de cette situation. L’Histoire nous dira si les choix géopolitiques de l’Europe ont été, à cet égard, pertinents…
Face à l’Eurasie, la perte de compétitivité se dessine de plus en plus. La Chine et l’Inde occupent aujourd’hui des positionnements concurrentiels importants au plan des nouvelles technologies. Plus que jamais, la Chine est l’Usine du monde. Mais elle s’est aussi dotée progressivement d’un maillage portuaire mondial pour écouler ses marchandises. Nul n’est besoin de rappeler les progrès rapides que les ingénieurs chinois ont accompli dans la robotisation et le numérique. L’Inde, quant à elle, se trouve désormais aux avant-postes du marché mondial des logiciels, au coude à coude avec les États- Unis. Les biotechnologies montent également en puissance, ce qui permet au pays de se positionner au 6ème rang des fabricants de médicaments génériques.
Les Etats-Unis maintiennent tant bien que mal leur suprématie, au dépend de l’Europe d’ailleurs si l’on sait prendre en considération toutes les conséquences de la loi IRA (Inflation Reduction Act) de Biden et les droits de douane de Trumps, sans parler d’autres mesures de nature coercitive. La prise en tenaille de l’UE est donc de nature à asphyxier son économie.
