RÉFLEXIONS CROISÉES : communautés, territoires et citoyenneté

RÉFLEXIONS CROISÉES : communautés, territoires et citoyenneté

28 septembre 2026

Réflexions croisées : Communautés, des territoires et citoyenneté

Lundi 15 juin 2026   ·   Hôtel du Collectionneur, Paris 8e

COMPTE-RENDU

Réflexions croisées

Lundi 15 juin 2026   ·   Hôtel du Collectionneur, Paris 8e

Réunion tenue sous la règle de Chatham House : les propos peuvent être rapportés, sans être attribués à leurs auteurs ni à leur institution.

THÉMATIQUECommunautés, des territoires et citoyenneté
RAPPORTEUREtudiant
ANIMATIONMiruna Vladescu
PARTICIPANTSInstitutionnels, dirigeants, directeurs du secteur privé.

Objet.  La soirée visait à faire émerger les décisions essentielles à la cohésion nationale, dans le cadre de la thématique de base communautés, territoires et citoyenneté, à 5, 10 et 15 ans. Le tour de table a produit 22 propositions ; le travail collectif a permis de converger vers six grandes thématiques structurantes, reliées par un liant commun : la culture.

1.    L’ÉTAT DE DROIT : LA LOI COMME SOCLE COMMUN

La loi a été posée comme le socle qui régit les rapports entre citoyens et fonde la cohésion. La citoyenneté a été rattachée non pas à un ensemble de « valeurs » — notion jugée glissante, car un glissement sémantique peut conduire à exclure ceux qui ne partageraient pas les « bonnes » valeurs — mais au respect de la loi et de l’État de droit. Plusieurs voix ont proposé de parler de cadre démocratique plutôt que de République, cette dernière n’ayant pas toujours produit des résultats conformes à ses idéaux.

La laïcité a été identifiée comme un chantier à rouvrir : revenir aux principes de la loi de 1905 et en intégrer pleinement l’application dans la société contemporaine.

La justice, enfin, doit être rendue plus équitable : réduire le sentiment d’une justice à deux vitesses, restaurer la confiance dans l’institution, réfléchir à l’équilibre entre justice réparatrice et justice de sanction, et envisager une participation citoyenne accrue à certains processus judiciaires.

2.    PROJET COMMUN ET RÉCIT COMMUN

Le débat public parle volontiers de communautés (musulmane, juive, LGBT…) et de leurs représentants, alors que le cadre républicain n’en reconnaît juridiquement aucune et se veut aveugle aux différences : il existe un décalage entre le discours et le droit. D’où la proposition d’un moratoire sur le mot « communauté », parfois utilisé comme outil d’exclusion, et l’interrogation de fond : le modèle républicain est-il encore adapté aux réalités actuelles ?

En miroir, les participants ont souhaité partager une définition commune de la nation : une volonté collective de vivre ensemble, héritée d’une histoire commune et tournée vers l’avenir. Quelques principes ont émergé : la nation doit garantir l’égalité des chances sans verser dans l’égalitarisme ; il faut rester vigilant sur les mots et les raccourcis idéologiques, et intégrer la diversité des réalités territoriales, sociales et économiques.

Les participants partent d’un constat : il y a une crise morale et spirituelle. Y répondre suppose un récit national partagé, construit sans falsifier l’histoire. La question a même été posée frontalement : la cohésion nationale et l’État-nation sont-ils toujours adaptés, à l’heure d’une transition institutionnelle et sociale profonde, et quels nouveaux facteurs sont susceptibles de fédérer les citoyens ?

3.    ÉGALITÉ TERRITORIALE ET RÉINDUSTRIALISATION : RESTAURER LA PROXIMITÉ

La cohésion passe par la réponse aux besoins fondamentaux : santé, éducation, justice et représentation politique deviennent des facteurs de division dès lors qu’elles fonctionnent mal. Les participants plaident pour restaurer les services publics de proximité, développer des services numériques d’accompagnement des citoyens, et redonner de la visibilité aux organismes de préservation de la nature. S’y ajoutent les enjeux d’égalité territoriale et de réindustrialisation.

L’échelon local a été jugé décisif : redonner du pouvoir aux maires et aux collectivités, reconnaître que la standardisation des politiques publiques ne correspond pas à la diversité des territoires, trouver l’équilibre entre pouvoir régalien et autonomie locale, et décentraliser certaines infrastructures et centres de décision, l’échelle municipale restant celle à laquelle les citoyens s’identifient le plus. Le tout en préservant la nuance et en évitant les réponses simplistes ou populistes.

La ville, enfin, doit être repensée : urbanisme intégrant les enjeux écologiques, politique de la ville assumée, attractivité territoriale, et conception de villes plus inclusives, résilientes et adaptées au réchauffement climatique.

4.    POUVOIR ET CONTRE-POUVOIR : REFONDER LA DÉCISION DÉMOCRATIQUE

Les participants proposent de créer des instances citoyennes associées à la décision publique, conçues comme un véritable contre-pouvoir. Cela suppose un cadre de fonctionnement rigoureux pour éviter les dérives, des effets concrets pour ne pas décourager l’engagement, et pourquoi pas des incitations fiscales à la participation.

Plus largement, il s’agit de préserver les contre-pouvoirs existants, notamment les médias et la liberté académique, et de revoir le processus électoral, dont la représentativité est questionnée : réduire le poids des mécanismes perçus comme trop fermés et renforcer l’implication citoyenne. En toile de fond, un même enjeu : la capacité à prendre et à mettre en œuvre la décision, c’est-à-dire sa légitimité autant que son efficacité.

5.    SOUVERAINETÉ : SÉCURISER LES FONDAMENTAUX DE L’ÉTAT

Préparer l’État aux crises suppose de sécuriser les ressources stratégiques (eau, énergie, alimentation) et de renforcer sa capacité à appliquer ses décisions sur le terrain. La souveraineté inclut aussi la maîtrise de l’accueil et de l’intégration, en améliorant ces mécanismes tout en luttant contre le rejet de l’autre.

6.    LA VALEUR AJOUTÉE DES PARTIS POLITIQUES ?

Interroger le rôle et l’apport réel des partis dans la vie démocratique.

LA CULTURE — LE LIANT TRANSVERSAL

Au-delà des six thématiques, la culture a été désignée comme le fil qui les relie toutes. Levier de cohésion sociale, elle rassemble autour d’un socle commun fait d’émotion, de patrimoine, de beauté et de création.

CONCLUSION

À partir de 22 propositions, les participants sont parvenus à se rassembler autour de 6 grandes thématiques structurantes, articulées par un même liant : la culture. Cette convergence constitue le socle de travail pour les prochaines séances et la restitution à venir.

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